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France Daigle

France Daigle

France Daigle est née à Moncton en 1953, où elle vit toujours. Auteur d’une dizaine de romans, elle a aussi coécrit plusieurs scénarios ainsi que quatre pièces de théâtre. Elle a remporté en 1991 le prix Pascal-Poirier d’excellence en littérature, décerné par le gouvernement du Nouveau-Brunswick. Elle a reçu le Prix du Lieutenant-gouverneur pour l’excellence dans les arts littéraires. Le Prix du Gouverneur général a été décerné à France Daigle pour son roman Pour sûr.

Presse

À propos d'Un fin passage

[…] Dans Un fin passage, nous retrouvons des figures croisées dans Pas pire. «Certains personnages ne veulent tout simplement pas mourir», dit France Daigle en riant. C’est le cas de Terry et Carmen, sympathique couple acadien qui veut maintenant découvrir le delta du Rhône, ou de Hans, aux prises avec une psychanalyste trop volubile qui se ronge les ongles. Il y a en plus l’homme qui n’avait pas l’air de lire et la femme qui ne fume qu’en public. Claudia qui rend visite à ses parents au bord de la rupture en Israël, ce qui lui permettra de rencontrer un rabbin, joyeux et attachant. Il y a un homme coincé dans la zone des suicidés exacts, observant de loin sa famille, sans pouvoir convaincre qui que ce soit que sa mort est le résultat d’un accident. Ils sont tous en flottement, ouverts à toutes les possibilités, à la recherche de quelque chose sans vraiment chercher; ils se laissent vivre et attendent la suite. C’est ainsi que France Daigle voit la création. «Il faut se fier à ce qui veut sortir, avoir confiance, croit-elle. Écrire, c’est une activité de liberté. Il faut laisser les choses se passer. Quand j’écris, je me laisse en état de disponibilité pour permettre aux choses de venir. Il me semble que c’est la seule manière de créer. Comme quelqu’un qui improvise en jazz.» […]

La légèreté est un thème important dans l’œuvre de l’écrivain. Comme le hasard, le flottement, le mouvement. Ses personnages ont des origines, mais ils ne sont pas enracinés sur une terre ou prisonniers d’un rôle. Et ils voyagent tout le temps. «J’aime que les choses circulent, qu’elles soient en mouvement. Dans tous mes livres, le mouvement et l’immobilité sont des constantes. Ça fait partie peut-être de la réalité de Moncton. Comme on n’est pas au centre du monde, on est peut-être porté ailleurs. On est amené à voyager, à imaginer d’autres villes. Je crois que tout le monde fait ça. C’est une attirance, peu importe où on est. Alors on imagine, on se crée des mondes, on rêve d’Italie.»

Chantal Guy, «Le monde à dos Daigle», La Presse, 23 septembre 2001.
À propos de Pas pire

[…] L’écriture de France Daigle est d’une complexe simplicité. Tout comme sa vie d’agoraphobe, son écriture a besoin d’être entourée, cernée, sécurisée par un plan bien précis mais en même temps elle doit lui donner la possibilité de s’ouvrir, de se sentir libre d’expérimenter. […] Le roman raconte une anecdote, un tout petit événement aux proportions immenses: France est invitée à présenter son roman Pas pire à Bouillon de culture. Pour s’y rendre, un seul moyen de transport, l’avion. Et le ciel n’est pas le plus petit des grands espaces libres… France décide alors de tromper son agoraphobie, de lui monter un bateau pour qu’elle puisse faire le voyage. Le roman est un merveilleux «trompe-l’œil». Puisant largement et sans fausse pudeur dans l’intimité de sa vie, elle nous offre un récit nuancé, multiple, amusant, touchant construit à partir de sa vulnérabilité.

Le roman s’appuie sur une structure claire, précise et littéralement mathématique ou numérologique: quatre parties divisées en six chapitres eux-mêmes constitués de six sections. Ce qui donne en tout 144 sections. Or, écrit-elle: «le chiffre douze symbolise la complexité interne du monde» et «le perpétuel devenir de l’être et de l’univers». De plus, «multiplié par lui-même, le chiffre douze mènerait à la plénitude et au paradis». Enfin quatre est le principe féminin alors que trois représente le masculin. Cette présence des chiffres n’est pas nouvelle dans l’œuvre de Daigle: 1953 avait huit chapitres divisés en huit parties et La Vraie vie jouait avec le binaire […]

L’écriture est fine et tout contribue au plaisir de lire en réfléchissant sur notre propre destin. Car, en partageant ses terreurs avec nous, France nous incite à plonger dans nos propres difficultés d’être. Le roman se termine bien pour tous les personnages: l’espoir est au bout du voyage. Le Bébé M. de 1953 avait eu de la difficulté à s’adapter au monde dans lequel il entrait. La difficulté est toujours présente mais elle n’est pas stérilisante, bien au contraire: à la fin du récit, Carmen est enceinte et heureuse de l’être, Élizabeth retourne habitée d’un tendre souvenir à l’hôpital, France rêve d’un autre voyage. Et ce livre est, en lui-même, un beau, très beau, et doux voyage.

David Lonergan, «Un beau et doux voyage», L’Acadie nouvelle, 18-24 avril 1998.


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