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Hélène Monette

Hélène Monette

Poète et romancière, née en 1960, Hélène Monette grandit dans un village de la Montérégie. Elle fait des études en lettres au Cégep de Saint-Hyacinthe, fréquente ensuite l’UQAM et l'Université Concordia pour y suivre des cours en histoire de l'art, arts plastiques et littérature. Elle travaille en organisation communautaire et en animation culturelle à La Prairie et à Montréal, puis comme rédactrice, coordonnatrice d’événements et libraire. Elle collabore à des spectacles littéraires, partage la scène avec des musiciens chevronnés, participe à des festivals au Québec et à l'étranger. Hélène Monette interprète les oeuvres d'autres poètes lors de soirées-hommages (Gaston Miron, Gilbert Langevin, Léopold S. Senghor, Josée Yvon, France Théoret, Paul Chamberland), collabore à des productions associant la poésie au disque (La Vache enragée, Wired on words-Millenium Cabaret), au cinéma (Des mots voyageurs de Carole Laganière, Seul dans mon putain d'univers de Sylvie van Brabant, Les Mots dits de Marie Brodeur), à la vidéo (En toute bonne foi d'Irène Mayer) et à la radio (Les Décrocheurs d'étoiles, Chaîne culturelle de Radio-Canada). Elle a fait partie du Band de poètes, réunissant cinq poètes et deux musiciens, en tournée au Québec de 2002 à 2006.

Hélène Monette a publié dans les revues Moebius, Estuaire, Le Sabord, Arcade, Exit et Relations. Elle est cofondatrice du magazine Ciel Variable (CV Photo). Elle a réalisé un projet alliant le texte et l’installation, avec la scénographe Anick La Bissonnière, pour la galerie d’architecture Monopoli en 2008, et en 2009, elle a participé comme artiste et poète au Symposium d’art in situ « Chemins et tracés », dans les Jardins du Précambrien de Val-David.

À propos de son écriture, on peut lire dans l’Anthologie de poésie québécoise Des pas sur la neige  publié par l’Université Laval (2009) : « Auteure de deux romans, Le Goudron et les plumes (1993) et Unless (1995), Hélène Monette est à la fois excessivement sensible et très mordante. Avec une écriture très près du réel qui oscille entre prose et poésie, elle saisit aussi bien les aspérités du quotidien que sa beauté souvent broyée par l’accoutumance. L’amour, l’enfance et la marginalité sont chez elle des thèmes de prédilection, et sa voix, portée par une urgence de dire patente, est certes l’une des plus généreuses de la poésie québécoise actuelle. Parmi ses recueils importants, mentionnons le cinglant Montréal brûle-t-elle ? (1987), Plaisirs et paysages kitsch (1997), Le Blanc des yeux (1999) et Un jardin dans la nuit (2001). »

Son recueil Thérèse pour Joie et Orchestre lui vaut le Prix du Gouverneur général de 2009.

Hélène Monette est décédée le 25 juin 2015 à l’âge de cinquante-cinq ans.

Le 16 février 2016, le regroupement Les Artistes pour la Paix lui ont rendu un hommage posthume, soulignant son souci de la justice sociale.

Presse


À propos de Thérèse pour joie et orchestre


Hélène Monette nous offre aujourd’hui un livre d’une beauté sauvage, sans longueurs ni boussole, au cœur d’une vie enlevée par la mort. Thérèse pour joie et orchestre (Boréal), écrit en hommage à sa grande sœur récemment disparue, est un nid de sirènes dans le torrent des années. C’est un monde où «des mots géants circulent/ dans le monde épais comme une brume». Voyage dans le temps perdu, deuil pour deuil, Hélène Monette signe un livre d’une importance capitale. Sa poésie racontée, se jouant des codes du roman et du vers, n’a pas besoin de se faire dire quoi faire. Elle chasse d’amour les souvenirs pour les saisir de son filet à papillons, eau courante sur un thème maintes fois joué, et trouvant du nouveau : «les enfances résonnent/ c’est épouvantable de beauté».
Maxime Catellier, Ici

On aurait le goût, au fil des pages, d’imaginer que cette Thérèse privilégiée ait eu le temps de lire ce livre que Monette lui consacre, tellement l’amour sororal y est inscrit jusqu’au cœur et dans la tendresse la plus pure. L’absente est donnée dans sa présence essentielle à travers des chapitres aux titres d’oeuvres musicales : «Prélude», «Fantaisie», «Pastorale», «Oratorio» et «Nocturnes et gospels».
Un tel acte d’amour est si surprenant en ces temps cataclysmiques qu’on ne peut s’empêcher, avec l’auteure, de poser la question : «mon Dieu ! sommes-nous réellement / dans la réalité ?». Et c’est à peine si le doute nous effleure tant sont considérables les sentiments entre les deux femmes. La traversée du temps, de la prime enfance à l’âge adulte, nous permet d’accéder à une complicité exemplaire et complémentaire. Le texte est d’une très grande beauté, économique et précieux, sans excès, au plus près de garder pour soi l’émotion qui pourtant est transmise avec une énergie qui serre la gorge. Un très beau recueil que celui-ci, écrit avec la grâce de la vérité : «tu es un des Grands Mystères de ma vie» ; «après ta mort, tes camarades ont rempli nos yeux / de ton cœur choral / de ton cœur, on l’entendit enfin // écoutant la chorale / à chaudes larmes / on t’entendit clairement / ne plus jamais être là».
Hugues Corriveau, Le Devoir

À propos de  Il y a quelqu’un ?

Hélène Monette continue de dire et d’écrire de belles choses inclassables, des textes où les mots ont des ailes, où les miroirs vous font des dessins, où c’est parfois, souvent, la fin du monde, et où elle continue de regarder la Terre tourner de travers, avec espoir, mais sans illusion.
Marie-Claude Fortin, La Presse

À propos de Un jardin dans la nuit

Hélène Monette écrit comme une louve. Car c’est bien la souffrance de toutes les vies abîmées et silencieuses qu’elle hurle à la lune. C’est bien le capital de joie, le potentiel de vie, le plus bellement vivant de chacun qu’elle défend si âprement et si farouchement. Avec une férocité d’humaine qui tient à ses petits.»
Jean Fugère, Le journal de Montréal

À propos de Le Blanc des yeux

L’ironie est toujours au détour de ses mots. Une ironie tantôt féroce, tantôt douce-amère. C’est une écriture poétique au delà de la dénonciation, il y a ces accalmies, ces repos et puis ces petits moments de bonheur. Elle va lancer des airs qui sont presque anodins mais qui sont de toute beauté, qui nous font même rêver.»
Suzanne Gigère, Radio-Canada / Un dimanche à la radio

Pour sa fougue, sa rage, sa charge sociale, son foisonnement. Malgré la densité parfois étourdissante de l’écriture, c’est un livre inclassable, sans compromis, nécessaire, qui réussit le tour de force d’exprimer dans sa forme même le chaos de cette fin de siècle.
Danielle Laurin, Madame au foyer

À propos de Plaisirs et Paysages kitsch

Ces poèmes ainsi que ces contes interrogent l’insécurité quotidienne des êtres dans un milieu urbain étouffant. Sans se perdre dans la caricature, une impression de chaos règne dans cet univers peuplé de violence et de solitude. […] Plus que jamais, Hélène Monette arrive  à maintenir une voix audacieuse qui gagne dans sa course contre le sens convenu et l’hypocrisie sociale.
David Cantin, Le Devoir

À propos de Unless

Unless est un livre dur, très dur, mais la violence n’y est pas gratuite, qui explose ici et là à la manière d’un orgasme aussi réparateur que dévastateur.
Réginald Martel, La Presse

Hélène Monette a une façon bien à elle de dériver dans le langage, d’inscrire à la queue leu leu  des bouts de phrases parfois brillants, saisissants, parfois simplement  énigmatiques qui,  le rythme aidant, un rythme haletant, bousculant volontiers les interdits du langage raisonnable, rendent un son parfaitement authentique. Son livre s’écoute comme une musique ; la musique un peu folle des filles d’aujourd’hui, qui lorsqu’elles semblent parler de n’importe quoi ne cessent pas de dire que l’existence est incompréhensible, difficile et…passionnante.
Gilles Marcotte, L’Actualité

À propos de Crimes et chatouillements

Crimes et chatouillements apporte une bouffée d’air pur à  nos écrasés poumons de lecteurs. Voilà un livre vif, intelligent, ludique et qui se lit à la vitesse de l’éclair  tellement la légèreté qui s’y déploie transporte. […] Crimes et chatouillements, dans une suite de textes brefs, met es scène le procès des amours humaines qui sont toujours  déçues.
Louis Cornelier, Le Devoir

À propos de Montréal brûle-t-elle ?

Directe, drue, à ras du quotidien, sa poésie hargneuse pétarade, mitraille les apparences, naît «dans le chaos des sensations unanimes» ; ses poèmes ne sont pas muselés par un langage sage, aux effest convenus ; ils explosent dans tous les sens, charrient pêle-mêle dénonciation, rage et fureur.
Robert Yergeau, Lettres Québécoises


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