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Louis Caron

Louis Caron

Né à Sorel en 1942, Louis Caron a débuté comme journaliste à l’âge de 18 ans, métier qu’il pratique jusqu’en 1976, année où il a décidé de se consacrer entièrement à l’écriture. En 1979, le récit qu’il donne à la radio d’une œuvre encore inédite, Tête-Heureuse, lui assure une réputation de conteur. C’est avec Les Fils de la liberté, une télésérie en six épisodes d’une heure coproduite par Interimage inc. de Montréal, Télé Québec et Antenne 2, qu’il aborde l’écriture pour la télévision. Il poursuit cette carrière avec Les racontages de Louis Caron, puis avec la première partie de la télésérie Lance et compte réalisée par Jean-Claude Lord entre 1987 et 1989, écrite en collaboration, et produite par la Société Radio-Canada (réseaux français et anglais) et TF1.


Il a été président de l’Union des écrivaines et écrivains québécois en 1979 et 1980 et, à la demande de la ministre des Affaires culturelles, a présidé de 1987 à 1989 le Groupe-Conseil sur le statut de l’artiste. Il a donné un cours de Culture et littérature québécoises à l’Université de Paris X (Nanterre) en 1990 et 1991. Il a également effectué une tournée des principales villes de France, en 1990 et 1991, présentant un spectacle composé de récits et de chansons intitulé Parlez-moi français. En 1995 et 1996, il a présidé l’Association des auteurs de la Montérégie.


Membre de l’Académie des lettres du Québec depuis 1995, il a reçu le prix Duvernay 1984 ainsi que le prix Mémoire 2000 du Salon du livre de Trois-Rivières pour l’ensemble de son œuvre.

Presse

À propos du Coup de poing

[…] En écrivant Le Coup de poing, Louis Caron n’a pas abdiqué sa liberté de romancier. Certes, il s’est basé lui aussi sur des épisodes historiques, par exemple l’activité des cellules Chénier et Libération du Front de libération du Québec, mais il a dans ce même contexte inscrit une autre cellule terroriste, et des événements fictifs qui sont le prolongement de ceux, beaucoup plus anciens, des deux premiers tomes des «Fils de la liberté». Les personnages principaux, en conséquence, ne sont ni des figurants ni des marionnettes. Ils ont leur réalité singulière, ce sont des êtres de chairs et de sang, d’idées et de sentiments. Des êtres remplis de contradictions, comme dans la vie.

Deux générations de Bellerose s’affrontent ici avant de s’unir, pour le pire, dans un même destin. Jean-Michel est poursuivi par la police, il cherche refuge chez son oncle Bruno, quelque part dans les îles du fleuve. Il l’accuse, et ceux de son âge, de n’avoir rien fait pour libérer les Québécois de leurs chaînes, celles qu’ils subissent et celles qu’ils s’imposent.

Maître de l’univers qu’il crée, M. Caron n’est contraint ni par les exigences de la chronologie ni par celles de la vérité historique. Cette dernière sert seulement de décor, de contexte. Elle est utile sans être nécessaire. Tel est le privilège du romancier, qui peut instruire et émouvoir en toute liberté.

Le cycle des «Fils de la liberté» se termine par un échec, comme il avait commencé. La décision du romancier est sans doute significative: en 1970, Jean-Michel Bellerose est écrasé, comme le fut son ancêtre qui combattit avec les Patriotes des années 1837 et 1838. C’est la fin d’une époque et, espérons-le, le commencement d’une nouvelle. Aura-t-il fallu tout cela pour que les Québécois acceptent enfin de devenir ce qu’ils sont? La question ne relève pas de la littérature.

Sans emprunter aux politiques et aux politiciens leurs discours, M. Caron a fait œuvre et artistique – je tiens Le Coup de poing pour un sommet de son œuvre – et politique. Ceux qui n’ont pas connu les Événements d’octobre découvriront dans ce vaste roman une époque tragique de notre histoire collective: ils découvriront aussi, à la limite, ce qui a permis au peuple québécois, à travers une révolution culturelle coïncidente, de faire un pas de plus vers sa maturité.

Réginald Martel, «Le Coup de poing: du Caron au sommet de son œuvre», La Presse, 7 octobre 1990.

À propos d’Il n’y a plus d’Amérique

Jamais encore Louis Carin n’avait porté un livre en gestation aussi longtemps que Il n’y a plus d’Amérique. Jusqu’à ce jour, il n’avait jamais non plus misé sur une histoire se déroulant dès l’ère contemporaine, à des années de ses romans historiques.

Depuis 1984, il a écrit six versions du roman qu’il publie aujourd’hui, une histoire qui a germé d’un fait divers survenu à Montréal en 1979, qui l’a d’abord horrifié, puis hanté. Un fait divers qui est devenu source d’une longue réflexion sur la société actuelle.

L’événement concernait deux amis, un garçon et une fille âgés de 14 et 15 ans qui, sur le chemin du retour de La Ronde, ont été violés, puis jetés en bas du pont Jacques-Cartier. «Cette histoire m’avait bouleversé. C’est un drame qui atteint des niveaux d’horreur qu’un être humain a peine à supporter. Je suis donc parti de là et j’ai imaginé le destin de parents du garçon. Je me suis imaginé ce couple qui essaierait de survivre.»

Le roman débute un an après le drame, qui n’est pas réellement évoqué. «Comme dans mes romans historiques, ce drame est un prétexte pour voir comment les gens réagissent aux grands coups du destin.» Dans ce cas-ci, il n’a pu qu’imaginer la rupture du couple. Deux êtres aux prises avec le grand désarroi qui sévit aujourd’hui devant l’effritement des valeurs fondamentales.

Louis Caron a eu maille à partir avec ce roman. «Je n’ai pas visé juste tout de suite parce que je cherchais les réactions des parents. Je cherchais où ils se réfugieraient.»

Le roman a surgi au fil d’une retraite fermée de quatre mois, dans une roulotte portée en Floride. «Il n’y avait que moi, mes deux chats et mes personnages.» L’écrivain a toujours eu besoin de ces moments d’isolement complet. «On devient presque fou. On parle tout seul avec sa soupe et ses biscuits sodas. On entre dans une intimité profonde avec ses personnages. On va si loin dans la solitude que c’en devient presque une douleur agréable», décrit-il, absorbé.

Il en a toujours été ainsi. Son roman Le Bonhomme sept-heures a été écrit dans un château, en France. Le Canard de bois a été conçu dans la tour d’une maison des Laurentides alors que L’Emmitouflé a pris naissance dans une maison de Moyen Âge, en France aussi. «J’ai toujours eu besoin de me placer à l’écart de la vie pour mieux plonger.»

Linda Corbo, «“Il n’y a plus d’Amérique”, un roman qui se prend comme un tournant», Le Nouvelliste, 16 février 2002.


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