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Raymond Plante

Raymond Plante

Romancier et scripteur d’émissions pour la jeunesse, Raymond Plante est né à Montréal en 1947 et a fait des études de lettres à l’Université du Québec à Montréal.

Dès 1973, il a travaillé pour la radio et la télévision. À la radio, il a rédigé des textes pour différentes émissions telles que Premières, Micro-Théâtre et Le Feuilleton. Pour la télévision, il a écrit plus de mille textes pour enfants (Pop Citrouille, L'Ingénieux Don Quichotte et Minibus) ou pour adultes (Poussière d'automne et Le Cœur au mur). Il a par ailleurs collaboré au scénario de la série Du tac au tac. On lui doit également les paroles de plus de quatre cents chansons pour enfants.

Auteur de près de 40 livres, jeunesse mais aussi adulte (traduits en anglais, en espagnol, en néerlandais, en grec, en chinois, en catalan, ou encore en basque), Raymond Plante a régulièrement dirigé, à partir de 1986, des ateliers d'écriture, et a donné des cours de chanson francophone et de cinéma au Conservatoire Lassalle. En 1992, à l’Université du Québec à Montréal, il a commencé à diriger occasionnellement d’autres ateliers d’écriture et de scénarisation, en plus de donner des cours de littérature sur le roman policier, la littérature jeunesse, etc.

Il a donné des conférences dans plusieurs centaines d'établissements (écoles, bibliothèques et autres institutions québécoises et canadiennes), et a fondé et dirigé des collections de romans jeunesse aux Éditions Québec Amérique (1982-1988). Après avoir dirigé la revue québécoise Lurelu, consacrée à la jeunesse (1987-1989), il s’est joint aux Éditions du Boréal (1989-1994) où il a lancé deux nouvelles collections, Boréal Junior et Boréal Inter. Invité d’honneur du Salon du livre de Montréal en 1988, invité en résidence d’écrivain en 1989 à l'UQAM, Raymond Plante s’est vu décerner plusieurs distinctions, dont la Médaille d'or de la culture française, remise par la Renaissance française en 1997.

Il a continué à publier des livres jeunesse aux Éditions du Boréal, dont Les contes du voleur (2004) et la série Bébert et les Doguadous (2004 à 2006).

Raymond Plante est décédé le 15 février 2006.

Presse

[…] Quand il parle de son travail, Raymond Plante s’enflamme. Derrière l’écrivain, le scripteur, le scénariste,
l’éditeur, l’enseignant ou le conférencier, il y a un être sensible, passionné, curieux surtout, un homme au cœur gros comme une maison. Le coeur sous chaque mot.

[…]

Plante dépeint les low profile, ceux qui passeraient derrière une affiche sans la décoller, les timides, les maladroits. Ceux qui s’étouffent dans un sourire, ceux qui ravalent un échec dans un silence. Ceux qui sans être rois des échecs ou reines de beauté sont rois, rois d’être ce qu’ils sont, simplement. Lui, il les a vus, sentis; il a lu à travers eux par-devers le mutisme et l’acné, au-delà des vestes de cuir et des tatouages. Il a vu des cœurs qui désirent, qui rêvent, qui espèrent, qui peinent, qui souffrent. Il a su forcer la réalité pour rendre le monde sensible. Il est allé à l’essentiel et a rejoint l’universel. Dans ses personnages, les jeunes se reconnaissent. Les lecteurs de Plante appartiennent à une même communauté de sensibilité. En se reconnaissant dans son œuvre, ils ne se sentent plus tout à fait seuls. Quelqu’un les comprend, quelqu’un exprime tout haut ce qu’ils pensent tout bas.

Naissance d’un raisin

Si Plante a écrit une grande page de la littérature jeunesse, c’est à la suite de hasards. Des études en lettres le destinaient à la littérature pour adultes quand, un jour, il a joint l’équipe de Minute Moumoute à Radio-Canada. Des livres pour enfants ont suivi. Sa fille a grandi. Les albums sont devenus romans. La série pour adolescents, quant à elle, est née d’une remarque d’un étudiant de 5e secondaire.

[…]

Quand la muse vient-elle taquiner Raymond Plante? «Je pense qu’une histoire, on commence à se la raconter à soi. Je peux avoir une idée n’importe où; très souvent, c’est en conduisant mon auto.» Et voilà commencé le roman. Des idées griffonnées dans un cahier – pas des feuilles volantes! Bien sûr, plusieurs sources jaillissent en même temps, ce qui explique qu’il ait toujours plusieurs histoires en route, «jusqu’à 15», précise-t-il. Quand son cahier renferme assez d’éléments pour constituer une histoire, il établit un plan sommaire, découpant ainsi les moments importants de son futur récit. Puis, il lance un premier jet à partir de ses notes, sans censure et très rapidement, à la façon d’un pianiste de jazz. Commence ensuite le vrai travail, celui de l’écriture, de la correction, du polissage. C’est là que le romancier donne logique, cohérence, souplesse, fluidité au texte. Il rédige jusqu’à sept versions. L’ordinateur lui fait gagner du temps. Plus besoin de retaper chaque version. Mais il se méfie de la beauté de l’impression qui laisse croire que tout est parfait. Alors, il corrige inlassablement chacune des versions sur le papier. Les plus grandes joies de la création?  Trouver les idées et polir le texte. Le premier jet l’ennuie mais il en a besoin comme matériau… […]

Isabelle Clerc, «Les mots du cœur au cœur des mots», Québec français, hiver 1991.

 

À propos de Avec l’été

[…] Sans y croire vraiment, mais il croit n’y rien risquer […], le quatuor va tenter, le temps d’un été, de revivre ses années de jeunesse. Soirées interminables, balades à la campagne, virées sur les plages, tout y passe et rien n’a vraiment d’importance, puisque le passé ne peut pas ressusciter.

L’important, c’est la montagne de sentiments, bons surtout, mauvais aussi, que construit le romancier avec une ferveur admirable. Voilà un écrivain qui n’a pas peur de raconter des  histoires de cœur, qui plonge ses personnages dans la bonne nostalgie et les y abandonne totalement, entraînant avec eux les lecteurs qui ne demandent pas mieux.

C’est émouvant tout le temps, et triste forcément, mais on en redemanderait. En prime, M. Plante nous a donné un narrateur qui a le don de se moquer de lui-même et de ceux de sa génération, ce qui ne gâte rien. Le premier chapitre, intitulé plaisamment «L’inventeur du coït interrompu prend la parole», annonce déjà le ton, qui sera constant jusqu’à la fin.

Réginald Martel, «Petit roman et grand plaisir», La Presse, 26 mai 1991.


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