Il est d’usage de dire que nous, modernes occidentaux, appartenons à un « âge séculier ». Comment sommes-nous passés d’un temps, encore proche, où il était inconcevable de ne pas croire en Dieu, à l’époque actuelle, où la foi n’est plus qu’une option parmi d’autres et va jusqu’à susciter la commisération ?
L’explication la plus courante est qu’à la faveur des progrès de la connaissance la vérité aurait triomphé de l’illusion, nous poussant à ne chercher qu’en nous-mêmes notre raison d’être et les conditions de notre épanouissement ici-bas.
En révélant les impensés de ce récit classique de la victoire des Lumières, qui fait du « désenchantement du monde » la seule clé de l’énigme, Charles Taylor entreprend une enquête philosophique et historique monumentale qui renoue les liens entre l’humanisme et l’aspiration à la transcendance. Loin d’être une « soustraction » de la religion, la sécularisation est un processus de redéfinition de la croyance qui a vu se multiplier les options spirituelles. Si plus aucune de celles-ci n’est en mesure de s’imposer, les impasses du « matérialisme » et les promesses déçues de la modernité continuent d’éveiller un besoin de sens.
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Vidéo : Charles Taylor présente
L'Âge séculier
Ce que la presse en dit
« Un livre ambitieux et foisonnant. Une riche réflexion sur les
conditions contemporaines de la croyance. Fruit de plus de dix ans de
réflexion, ce livre admirable se termine sur des exemples de cette
recherche et l'évocation de formes nouvelles. »
Georges Leroux –
Le Devoir
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« Chaque homme a sa propre mesure », dit
Taylor. Cela mène à « l'âge de l'authenticité », qui apparaît au
dernier siècle. « On pense qu'il n'existe plus de nature humaine. Il
faut trouver sa façon d'être humain et la réaliser. Être original, sans se
conformer. Sinon, on commet presque un crime contre sa propre personne. »
L'homme moderne ne se réduit donc pas à une calculatrice qui évalue les coûts
et les bénéfices. Il cherche aussi à s'exprimer. Et à vivre une certaine « plénitude
», croit Taylor.
C'est peut-être là que subsiste la religion en Occident. Car les conditions de
la croyance ont changé. Elle ne sert plus à comprendre le monde ou à justifier
l'ordre social.
Paul Journet – La Presse
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