Thomas D’Amour est né un 27 novembre, comme un certain Jacques Godbout, à une époque où le Québec était encore soumis à son clergé et à ses patrons anglais. Il pratique le même métier que celui-ci – enfin, un des métiers où s’est illustré ce touche-à-tout notoire –, celui d’écrivain. Quelque part à la fin des années 1960, il fait appel aux services de Mireille, secrétaire à l’Université de Montréal, pour taper son plus récent opus. Mais le romancier doit bientôt se rendre à l’évidence que rien ne se déroulera comme prévu, et que Mireille ne se contentera pas d’être l’humble servante de l’œuvre de son Tarzan D’Amour.
Alors que le bruit des bombes du FLQ résonne encore, Jacques Godbout se livre dans D’Amour, P.Q., au plus systématique dynamitage des valeurs du Québec d’antan. Tout y passe : les bienséances, le bon parler français, le tabou du sexe, la domination du mâle et des nantis, le statut même de l’écrivain. Une œuvre aussi jubilatoire qu’emblématique, où se lève avec force un vent de liberté qui n’a cessé de souffler depuis.