Comment raconter la vie d’un être qui serait parfaitement bon?
L’héroïne de cette histoire s’appelle Flora. Flora qui sort le bois mort de la forêt et qui répare les fenêtres des chalets loués. Flora qui nourrit et soigne tout ce qui bouge, le monde aussi bien que les renards et les corneilles. Flora qui à quarante-sept ans vit chez son père, avec sa sœur, Évelyne, son frère, Hugues, et surtout Rosario, Rosa, son neveu préféré, dans la grande maison bleue bâtie à même les pruches de leur forêt, maison éternelle qui lui a fait la grâce de la choisir, elle, pour veiller sur eux tous.
Voilà qu’un jour débarque au village Margaret Myre. La célèbre romancière aux pieds de laquelle le monde entier se roule a décidé d’acheter le chalet de la Source, voisin de la maison bleue. Le chalet de la Source, le plus beau, celui que Flora secrètement aurait choisi pour elle si une telle extravagance avait été possible. Et Flora trouve en la nouvelle venue l’objet idéal à qui prodiguer les trésors inépuisables de générosité que renferme son cœur.
Mais si cette femme n’était qu’une égoïste, comme Évelyne ne cesse de lui siffler à l’oreille? Cette femme qui n’a jamais invité personne chez elle, qui ne répond jamais au téléphone au cas où on lui demanderait quelque chose.
En s’inspirant d’événements qu’elle a puisés dans la vie de Berthe Simard, et par ricochet dans celle de Gabrielle Roy, Monique Proulx propose ici quelques-unes des plus belles pages qu’elle ait consacrées à la nature. Surtout, elle trace le portrait tout en nuances d’une femme à qui tout a été enlevé, sauf sa foi en la vie.