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Léa est institutrice. Tous les mois de septembre, elle accueille la vingtaine d’enfants qu’elle accompagnera pour la prochaine année. Chaque fois, elle brandit le dictionnaire devant eux, leur expliquant que c’est comme un coffre au trésor de vingt-six lettres. Elle leur dit qu’ils ont là tout ce qu’il faut pour raconter le monde. Même ce qui ne se raconte pas. Même les secrets qu’ils n’osent dire à personne. Même le silence. Le secret, le silence, n’est-ce pas justement une grande part de l’héritage que Léa a reçu de sa Téta, sa grand-mère tant aimée, qui vient de mourir à cent sept ans ?
Dans la maison de Téta, aux allures de quai de gare, le repas commençait mais ne finissait jamais, la cousine débarquée d’Alep y croisait le neveu de New York ou l’amie de Marseille, tout ce beau monde s’alignait sur le mobilier kitsch, fumait le narguilé, riait aux éclats, mangeait beaucoup trop, prenait des nouvelles des « enfants », ainsi nommés même à quarante ans. Mais il était un sujet dont Téta refusait de parler. Au début du siècle dernier, presque toute la population de Manam, où vivait sa famille, a trouvé la mort, soit sous les coups de l’armée turque, soit sur la route de l’exil vers la Syrie. Comment sa grand-mère et les siens avaient-ils survécu au massacre ? Dès que Léa lui posait la question, sa Téta, d’ordinaire si volubile, changeait de sujet : « Le Canadien sera éliminé en cinq ou en six, à ton avis ? »
Rima Elkouri emprunte les chemins de la littérature afin de démêler les nœuds d’une mémoire familiale blessée. « Nos silences sont des tiroirs à double-fond », écrit-elle. À la manière de la défunte Téta, qui avait toujours une fable dans sa manche, elle raconte, avec générosité et pudeur, la tragédie arménienne. Au passage, sans emphase, elle nous donne accès à une certaine idée du Québec et de ses immigrants. Elle le fait avec finesse et humilité, à hauteur de femme, d’homme et d’enfant, mettant à profit son habile talent de portraitiste pour nous faire découvrir des êtres courageux qui ont résolument choisi le côté de la vie.

Parution : 1 octobre 2019, 224 pages
ISBN-13 : 9782764626047
Code barre : 9782764626047

22.95 $   /   17.00€

Ce que la presse en dit

« C’est un très, très beau roman. Ça se lit tout seul. »
Catherine Richer, Le 15-18 / Ici Radio-Canada Première

« Formidable, intense, puissant, singulier, magnifique (je pourrais continuer bien longtemps) roman. Allez acheter ça. »
Mylène de Repentigny-Corbeil / Les Herbes folles

« Le mot espoir est important. Fréquemment, il revient. L’espoir d’une vie meilleure lorsqu’on arrive dans un nouveau pays, l’espoir qui permet de tenir lorsqu’on doit rester dans celui qui est en guerre. »
Natalia Wysocka, La Presse

« Un roman fort intéressant. […] Un livre qui touche un sujet sensible et malgré toute l’horreur racontée, Rima Elkouri a une plume teintée de tendresse, de beaucoup d’amour, d’espoir, de courage. »

« On retrouve la rigueur et la respectueuse pudeur de la chroniqueuse de La Presse, qui signe un premier roman. Un hommage sobre mais troué de lumière aux victimes de ces massacres. »
Laura Martin, Coup de Pouce

« Le premier roman de la journaliste traite du génocide arménien de 1915 avec une sensibilité épatante et la plume la plus délicate qui soit. Malgré le sujet délicat, Rima Elkouri a écrit une œuvre qu’il fait bon de lire grâce à la tendresse qui se trouve dans chacun des chapitres. Un premier roman qui marie douceur et souffrance habilement et dont on retient surtout l’espoir. »
Maïka Yargeau, Montréal Campus

« C’est un super livre. »
Maude Rodrigue, Québec réveille / CKIA-Québec

« Un livre qui en contient beaucoup. Outre l’émotion, on en apprend beaucoup sur le génocide arménien. C’est très touchant. »
Valérie Gaudreau, CKIA FM

« Des pages écrites dans une très grande douceur, mais qui parlent d’une grande brutalité, le génocide Arménien. »

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