Les colibris sont «?exquisément?» adaptés à leur milieu. Après des dizaines de millions d’années d’évolution, ils ne sont pas menacés d’extinction et ont développé des capacités étonnantes : Ils volent sur place et même à reculons. Certains parcourent chaque année un périple de 11 362 kilomètres qui dure plusieurs mois. À part quelques individus qui se tuent en se frappant dans une vitre, les colibris semblent vivre en permanente harmonie, butinant des fleurs parfaitement adaptées à la forme de leur bec et vivant le polyamour sans jamais connaître les affres de la jalousie.
Ce n’est pas le cas de toutes les espèces sur Terre. Prenons par exemple la nôtre, Homo sapiens. Si elle connaît un indéniable succès biologique, au point où sa prolifération menace sa survie même, ses représentants ne semblent pas pour autant mener une existence «?exquise?». En proie à l’anxiété, ils sont souvent malheureux en amour comme à la guerre. Chaque année, 18 millions de personnes dans le monde tentent de s’enlever la vie. Environ 280 millions d’individus souffrent de dépression. Et on estime que les guerres ont fait 187 millions de morts depuis 1900.
Pourtant, tout comme le colibri, nous sommes le produit de l’évolution. Qu’est-ce qui explique le décalage entre l’apparente perfection de son état et la manifeste imperfection du nôtre?? Faut-il chercher une réponse du côté de la biologie ou de la psychologie?? Ou ne serait-ce pas plutôt la littérature qui nous permettrait d’appréhender l’humain dans toute sa complexité??
Dans ce nouvel essai de vulgarisation scientifique, émaillé d’anecdotes plus étonnantes les unes que les autres, l’auteur de Têtes de linotte? nous raconte le fabuleux voyage de nos ancêtres évolutionnaires depuis leur sortie de l’eau jusqu’à aujourd’hui. Il propose en même temps une réflexion d’une grande actualité sur la capacité des sciences à expliquer le comportement humain.