En 1997, âge d’or des blogues, fanzines et périodiques musicaux, Luu, journaliste, amorce une recherche à propos d’une figure obscure du rock et découvre peu à peu un pan inconnu de la jeunesse de son mari, Olivier. Son enquête la mène, avec leurs deux filles adolescentes, à Courtois, dans le Témiscouata, où sont nés Les Rapides, le groupe d’Olivier, à la fin des années 60.
Si Olivier a tu l’histoire du quintet rock Les Rapides, c’est que leur brève existence a causé beaucoup de remous, tant dans son histoire familiale que dans le village de Courtois. Or, comment échapper à un destin explosif lorsqu’une bande de cinq adolescents bruyants et hétéroclites au possible sont recrutés par un curé magouilleur du nom de Desbiens, qui a de surcroît des visées séductrices sur la mère d’Olivier ?
Crise d’adolescence et bouillonnement culturel de la jeunesse québécoise composent un chant de révolte dans ce roman qui explore le pouvoir libérateur de la musique et le choc des valeurs de la Révolution tranquille. Les Rapides se veut aussi un hommage à la marginalité et aux femmes artistes dont la contribution est trop souvent négligée dans l’histoire de la musique.
Simon Leduc signe un roman passionnant, à la fois chaotique et finement intriqué, jubilatoire, enlevant et grinçant.